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Raid sur le Venezuela

Author:
Philippe ISNARD
Published:
January 13, 2026

Début 2026. La trêve des confiseurs est à peine terminée que la géopolitique revient déjà au centre des préoccupations.

Le 3 janvier, les États-Unis ont capturé le président vénézuélien Raid sur le Venezuela

et annoncé qu’ils administreraient le pays jusqu’à la mise en place d’un gouvernement de transition. Le parallèle avec l’intervention américaine au Panama en 1989 est explicite. L’absence de résistance suggère une coopération des autorités locales, tandis que les infrastructures critiques, notamment énergétiques et maritimes, sont sécurisées par les forces américaines.

Cette intervention marque un basculement clair vers un monde structuré en sphères d’influence régionales, dans une logique assumée de realpolitik.

Les institutions multilatérales, à commencer par l’ONU, ont perdu une large part de leur capacité d’arbitrage. Les États-Unis réaffirment leur autorité régionale en Amérique latine. La Chine consolide sa sphère d’influence en Asie du Sud. La Russie redessine l’équilibre stratégique en Europe de l’Est. Le Moyen-Orient demeure exposé à des tensions croissantes.

Nous entrons dans une nouvelle ère où les escalades régionales ne sont plus à exclure.

Quelles conséquences pour les marchés ?

À l’échelle mondiale, l’impact économique reste limité,compte tenu du poids modeste de l’économie vénézuélienne. À court terme, une volatilité transitoire peut apparaître sur les marchés émergents, en particulier sur les segments les plus cycliques. Mais à moyen terme, leurs perspectives demeurent attrayantes. De nombreux pays présentent des fondamentaux solides et une exposition importante aux matières premières, dans un contexte de demande soutenue. Une reprise des investissements directs étrangers au Venezuela pourrait d’ailleurs soutenir la croissance en Amérique latine.

Sur le plan énergétique, les flux pétroliers tendent à s’aligner de plus en plus sur les blocs géopolitiques. Le pétrole vénézuélien répondrait prioritairement aux besoins des États-Unis et de l’Europe, tandis que la Russie renforcerait ses liens énergétiques avec la Chine. Les prix du pétrole restent exposés à des forces haussières comme baissières, avec un objectif maintenu à 12 mois de 63 dollars le baril.

Enfin, cette intervention comporte aussi des implications politiques internes aux États-Unis. Non autorisée par le Congrès, elle pourrait fragiliser les Républicains à l’approche des élections de mi-mandat et rendre la gouvernance plus contraignante, notamment sur le plan budgétaire.

En conclusion, le monde entre dans une phase plus fragmentée, plus politique, moins globalisée. Et dans ce contexte, l’allocation d’actifs ne peut plus être pensée indépendamment de la géopolitique.

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