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Pink Tax

Author:
Philippe ISNARD
Published:
September 1, 2026

La taxe rose, ou "pink tax", est une inégalité économique marquée par des prix systématiquement plus élevés pour des produits et services destinés aux femmes, bien que souvent identiques à ceux destinés aux hommes.

Ce phénomène, illustré par des écarts de prix pouvant atteindre 46 % pour des prestations similaires (comme les coupes de cheveux), reflète un fardeau financier genré. En parallèle, la pinkflation désigne l'aggravation de ces disparités en période d'inflation, où les produits féminins subissent des hausses disproportionnées. Par exemple, entre 2020 et 2021, les chaussures pour femmes au Royaume-Uni ont vu leurs prix augmenter de 76 %, contre seulement 14 % pour celles des hommes.
Cette inégalité est omniprésente dans les dépenses du quotidien. Les femmes paient en moyenne 8 % de plus pour leurs vêtements, jusqu'à 13 % pour leurs produits de soin personnel (shampoings, déodorants) et même davantage pour des services comme le nettoyage à sec ou les assurances automobiles. Cette situation est aggravée dès l’enfance, où les jouets pour filles coûtent environ 5,5 % de plus que ceux pour garçons. Au total, aux États-Unis, cette surcharge économique s'élève à environ 1 300 USD par an pour une femme.

Au-delà des écarts de prix, les différences dans les paniers de consommation masculins et féminins révèlent des expositions divergentes à l’inflation. Par exemple, les femmes dépensent proportionnellement plus pour l’alimentation, un secteur généralement moins soumis à de fortes hausses de prix, tandis que les hommes consomment davantage de tabac, qui connaît une inflation importante. Cela peut, dans certains cas, atténuer l’impact global de l’inflation sur les femmes. Cependant, les produits d’hygiène féminine et les dépenses liées à l'énergie (chauffage, électricité) restent des catégories où les femmes sont particulièrement vulnérables, notamment après la crise énergétique de 2022.

Une analyse comparative menée dans six pays européens révèle que ces inégalités varient selon les contextes économiques. Si en Allemagne et en Finlande les ménages gérés par des femmes semblent moins exposés à l’inflation, au Portugal, cette exposition est accrue, particulièrement pour les ménages aisés. Ces disparités soulignent le rôle central de la composition des paniers de biens et des priorités de dépenses, qui reflètent des réalités économiques genrées.

Malgré une attention médiatique croissante, la recherche sur la taxe rose et la pinkflation reste limitée. Les données actuelles démontrent cependant une surcharge économique structurelle pesant sur les femmes, justifiant une intervention politique pour corriger ces biais. Ces inégalités reflètent des stéréotypes de genre profondément ancrés dans les pratiques commerciales, et les corriger nécessitera une meilleure compréhension des comportements de consommation genrés et des mécanismes d'inflation différenciée.