
Face aux pressions industrielles et aux enjeux géopolitiques, notamment la concurrence avec les États-Unis et la Chine, l'Union européenne ralentit certaines de ses ambitions climatiques.
La Commission européenne, sous l'influence de Paris et Berlin, propose de modifier plusieurs textes récemment adoptés :
1. Report et révision du "droit de vigilance" : Initialement conçu pour obliger les entreprises à prévenir et remédier aux violations des droits humains et aux dommages environnementaux dans leur chaîne de valeur, ce texte est reporté d’un an et sera assoupli.
2. Réduction des obligations de "comptabilité verte" : Moins d'entreprises seront concernées par cette mesure visant à harmoniser la publication des données de durabilité, une victoire pour les lobbies patronaux.
Ce revirement s'inscrit dans une volonté de préserver la compétitivité économique européenne face aux menaces protectionnistes, notamment d’un retour de Donald Trump, qui envisage de nouvelles taxes douanières sur les produits européens.
Réactions et tensions politiques
• Ursula von der Leyen, qui avait fait de la lutte contre le changement climatique un axe majeur de son mandat, privilégie désormais un soutien aux entreprises.
• Les ONG environnementales dénoncent un "pur délire", affirmant que cette marche arrière pénalise les entreprises déjà engagées dans la transition écologique.
• Les socialistes et une partie du Parlement européen contestent ces modifications et appellent à revoir la position de la Commission.
Un virage stratégique sans renoncement officiel.
Malgré cette inflexion, pour ne perdre la face, Bruxelles réaffirme son engagement pour la neutralité carbone en 2050 et présente un "Pacte pour une industrie propre", incluant :
• Des incitations pour développer les énergies renouvelables en Europe.
• Une stratégie d'achats groupés de matières premières essentielles pour les technologies vertes, à l’image des vaccins durant la pandémie.
Enfin, l’UE veut tirer profit du retrait climatique des États-Unis sous Trump pour se positionner en leader mondial des technologies propres.
En conclusion, ce recul marque un rééquilibrage entre ambitions écologiques et impératifs économiques, mais il reste incertain face aux tensions politiques et aux élections européennes à venir.
C’est ce que l’on appelait au temps de nos aïeux manger son chapeau.